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L'Elan Nouveau des Citoyens

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Un arbre pour la Grèce

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Stress

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Citoyens pour un Monde Ethique

Histoire récente

1951 : l'Europe des six

- Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas

1957: Signature du Traité de Rome

1973 : l'Europe des neuf

- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

1981 : l'Europe des dix

- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

1986 : l'Europe des douze

- Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni

1995 : l'Europe des quinze

- Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suéde

2004 : l'Europe des vingt cinq

- Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie^

2007 : L'Europe des vingt sept

- Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie

 

 

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europe

Jeudi 3 août 2006

L’Europe, pour assumer le destin qu’elle se donne, devra avant tout être unie. Mais pour se hisser au premier plan, il lui faudra défendre ses valeurs aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Pour cela, l’Europe devra préserver la richesse de sa complexité car c’est elle qui lui donnera les clefs de son succès ; il s’agit donc de protéger cette diversité contre les forces qui veulent faire disparaître tout ce qui, en Europe, vient à différer d’un modèle théorique.

L’Europe doit être unie :

A l’Europe, il manque aujourd’hui une âme : les citoyens d’Europe ne se sentent pas assez citoyens européens. Cela vient peut être du fait que l'Europe a parfois été vécue comme antagoniste au sentiment national.

 

Tout comme un enfant se développe de manière harmonieuse en aimant son père et sa mère, nous sommes convaincus que l'Europe se construira lorsque l'on permettra aux citoyens de bien percevoir que l'amour de l'Europe n'altère en rien l'amour de leur pays. Il est essentiel de relancer l’Europe, notamment par la culture du sentiment d’appartenance à un même ensemble. La définition d’une identité européenne ne peut se faire qu’à travers et par le partage non seulement d’une même civilisation, d’intérêts réciproques et de convergences politiques portant sur l’essentiel, mais surtout de mêmes valeurs.

Parallèlement, il est nécessaire de permettre aux régions de renforcer leurs échanges afin d’améliorer leurs performances sur le plan économique, et de pouvoir ainsi amorcer dans une politique industrielle créatrice d’emplois essentiellement envisageable à l’échelle européenne.

Les valeurs fondatrices de l’Europe doivent être entretenues et diffusées :

L’Europe, pour parvenir à incarner un nouvel élan, devra vivre par ses valeurs. Les valeurs d’une culture ne peuvent subsister sans un système adéquat destiné à permettre leur diffusion et à assurer leur pérennité. Cet aspect est essentiel pour l’Europe : l’Europe en tant qu’Union Européenne est encore extrêmement récente, et étendre des valeurs communes à 25 pays pour faire exister un sentiment d’appartenance demande un véritable courage politique à long terme et des institutions adaptées ; de plus, les valeurs qu’il appartient à l’Europe de porter sont encore fragiles et soumises au feu d’autres visions du monde.

L’importance de l’enseignement :

Un système éducatif véritable doit accomplir deux tâches : contribuer à l’éducation proprement dite, et donner les savoirs nécessaires à la vie en société. Mais il contribue aussi à faire de chaque enfant qui lui est confié un citoyen responsable, c'est-à-dire l’amener à réfléchir par lui même en lui donnant accès aux savoirs que l’Histoire nous a légués et lui transmettre les valeurs qui sont au fondement de notre civilisation.

La formation du citoyen est un point essentiel de la fonction scolaire. Première institution sociale dans laquelle les enfants sont introduits, l’école a un rôle éminent dans leur formation civique. D’autre part, la culture est une des principales composantes de l’identité d’une nation, il nous faut donc la transmettre à tous les jeunes par l’école. Cette évidence est valable pour chaque pays d’Europe, mais il faut aussi envisager ce qui lie ces pays entre eux, et ce qui peut contribuer à faire émerger partout un sentiment d’appartenance à l’entité européenne. La tradition gréco-latine se recommande à nous, parce qu’elle appartient à un patrimoine qu’il convient de préserver, et parce que ce patrimoine appartient en commun à nos divers pays et contribue à les lier entre eux.

Le projet doit être exporté :

Pour réussir, le projet européen doit rayonner au niveau planétaire. Pour cela, il faut d’abord qu’il soit partagé par tous les pays membres de la Communauté européenne : c’est parce qu’ils seront convaincus de sa nécessité pour eux, pour les générations à venir, pour le bien-être de l’Homme que les citoyens des différents pays oeuvreront à sa diffusion.

La Communauté européenne dispose d’atouts uniques qui peuvent lui permettre d’assurer la diffusion de ses valeurs. L’Europe est la seule puissance mondiale à disposer de territoires sur tous les continents et dans tous les océans. Par cette universalité, l’Europe est la mieux placée pour appréhender les points de vues et intérêts de tous ces peuples qu’elle englobe et de ceux qui en sont proches.

Ses bases dans le monde entier lui permettent aussi une présence militaire globale, que ce soit lors d’une crise internationale ou d’une catastrophe naturelle. Les bases scientifiques, les zones économiques de pêche, sont elles aussi, des relais potentiels.

L’Europe dispose aussi par ses liens anciens, qu’ils soient culturels ou linguistiques, d’un accès privilégié à tous les pays de la Francophonie, du Commonwealth, d’Amérique du Sud, ou du Pacifique.

Enfin, la diaspora européenne, implantée sur l’ensemble de la planète, pourra utilement être mise à contribution.

La richesse unique de cette diversité est un vecteur irremplaçable de diffusion du projet européen.

Chaque citoyen doit se sentir concerné et se comporter en chevalier de la promotion de l’idéal européen. A ce moment là, cet idéal entrera en résonance avec les idéaux proches d’autres peuples et la contagion de l’humanisme s’opérera.

Le projet européen doit s’appuyer sur une dynamique à la fois économique et sociale :

 

Il n’est pas possible de déconnecter la qualité d’un système économique des conditions sociales qui y ont cours. C’est parce que l’Europe a très tôt compris l’importance d’un système de protection sociale efficace qu’elle a su assurer à son économie à la fois l’efficacité et l’humanité. Il est donc nécessaire de poursuivre dans cette voie, de défendre la qualité de ce système et de l’étendre à l’ensemble des pays adhérents à l’Union.

 

La Défense doit être proportionnelle à l'ambition du projet :

Pour assurer la viabilité de son objectif, l’Europe va devoir se doter d’une Défense proportionnelle à l’ambition du projet : dans un monde dominé par les rapports de force, l’Union Européenne ne peut jouer un rôle de leader et promouvoir son projet que si elle est en mesure d’assurer la défense de ses intérêts.

L’Europe doit disposer du pendant d’une ambition politique, à savoir une défense autonome. Les pays qui refuseraient de participer à la mise en place de cette défense autonome maintiendront l’Europe inféodée aux conceptions des grands de ce monde, conceptions dont on peut douter de leur adéquation avec une prise en compte optimale du long terme. Par ailleurs, la réalisation d’une défense européenne ne supprimera pas la nécessité de défenses nationales. Une articulation entre défense européenne et défenses nationales devra alors être trouvée, assurant leur complémentarité.

 

 

Par Philippe Rodet
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Samedi 5 août 2006

L’objectif de l’Europe doit être clair, compréhensible et s’ancrer dans les valeurs humanistes. C’est la garantie qu’il corresponde le mieux à ce qu’attend une majorité de citoyens et qu’il soit en adéquation avec les besoins de notre monde.

Une mutation profonde : ajouter de l’éthique à l’idéologie :

Si certaines idéologies ont montré clairement leurs limites, d'autres méritent d'être enrichies d'une part d'éthique.

Cette éthique que nous appelons de nos vœux, porteuse de responsabilité, économique, sociale et environnementale, peut être vecteur de croissance, comme le prouvent des entreprises qui l’ont déjà mise en oeuvre. Elle a aussi plusieurs vertus importantes : facteur de stabilité dans l’économie mondiale, elle peut permettre un développement économique et social des pays les plus pauvres, et peut aussi favoriser la paix entre les peuples. Source d’engagement et de participation, elle favorise aussi la performance dans l’entreprise. L’une des caractéristiques de l’éthique est avant tout qu’elle se développe dans le cœur de chacun, en harmonie avec ses convictions et les enjeux qui lui semblent les plus importants.

La participation des citoyens comme moteur du changement :

Promouvoir une nouvelle forme de changement au niveau mondial passe par l’implication des citoyens. L’enthousiasme que procure l’adhésion à une cause juste et digne peut donner naissance à une énergie illimitée, et c’est de ce cela que le monde a besoin.

Dans l’Athènes ancienne, la participation des citoyens à la vie de la Cité a été à l’origine d’un « élan démocratique » exceptionnel. Pour la première fois, on se rendait compte de la force de la Loi et on mettait en évidence l’ardeur inhérente à une véritable démocratie. C’est de cet idéal dont nous devons nous inspirer pour l’Europe.

Aujourd’hui, les citoyens, qui ont besoin de donner du sens à leur vie, s’engagent de plus en plus partout où la nécessité s’en fait sentir. D’une manière générale, les qualités profondes de l’homme sont sous-utilisées. Il suffit pour s’en convaincre d’observer la bonne volonté, l’enthousiasme et le courage que les catastrophes naturelles, écologiques ou liées à la violence humaine, sont capables de susciter.

 

 

Par Rodet
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Lundi 7 août 2006

L’Europe dispose encore d’une certaine prééminence économique, mais elle lui est âprement disputée, tandis que son poids démographique et son rayonnement intellectuel et culturel s’estompent insensiblement. Le monde est devenu un « supermarché » universel, dans lequel la compétition se fait rarement selon les règles que nos nations vieillissantes se sont données. L’Europe a un rôle à jouer dans la direction que prendra le monde dans les décennies qui vont venir, pour peu qu’elle parvienne à développer et à faire diffuser la vision qui est la sienne.

L’affrontement de trois grandes plaques géoéconomiques

Il est possible de schématiser le monde géoéconomique en grandes plaques. Trois d’entre elles peuvent jouer un rôle de premier plan.

Il y a la plaque nord-américaine, caractérisée par son adéquation entre le système fonctionnel de l’organisation et le système culturel, tous les deux centrés sur l’efficience et la réussite. Toutefois, l’absence de véritables racines gène ce système pour appréhender la complexité du monde, complexité d’autant plus importante que le schéma de la guerre froide disparaît.

A l’heure actuelle, une vision du monde trop utilitariste risque de gèner les USA pour bâtir un  système économique plus en mesure d’intégrer le long terme.

La plaque asiatique – terme par lequel nous entendons essentiellement le Japon et la Chine - est un modèle hybride car la sphère de valeurs asiatique ne correspond pas au système fonctionnel qui y a été importé. L’Asie a été dans l’obligation d’élaborer un système de compatibilité qui lui permette de compenser ce déséquilibre. Là aussi, la priorité a été donnée à l’efficience et non pas à l’apprentissage de la gestion de la complexité et on voit mal l’Asie (en particulier avec l’objectif de rattrapage économique que s’est imposée la Chine) être l’élément moteur d’un avenir prenant en compte, en plus de la performance, le bien-être de l’Homme.

La plaque européenne est plus complexe. Les racines remontent à l’antiquité grecque, ce qui peut entraîner une sorte d’inertie inhérente à une meilleure prise en compte des valeurs humaines. Mais, en même temps, la fonctionnalité est née en Europe, le capitalisme est son produit.

 

L’Europe est donc confrontée à la complexité : sa culture ancienne, profondément humaniste, a influencé son fonctionnalisme. Des fondations solides et uniques existent donc sur notre continent pour mettre au point une société équilibrée ayant la capacité d’adaptation aux évolutions constantes.

De ces trois plaques géoéconomiques, l’Europe semble à même de promouvoir un nouveau mode d’appréhension de l’économie.

Les autres plaques, arabo-musulmanes, sud américaines et africaines, dans la mesure où elles souhaiteraient encourager la diffusion de la morale individuelle aux affaires, seraient plus en harmonie avec le développemnt d'un modèle complexe.

L’un des moyens pour faciliter la gestion de la complexité est de se doter d’une vision. Si l’Europe sait se doter d’une vision, elle disposera des atouts indispensables pour influencer le XXIème siècle. Et il n’y va pas seulement de l’intérêt de l’Europe, mais de l’avenir de notre planète.

 

Prévenir les risques inhérents à une économie mondiale incontrôlée :

Une économie mondiale incontrôlée présente quatre types de dangers :

 

Sur le plan économique :

La situation économique internationale présente une grande fragilité.

Le capitalisme actuel est caractérisé par le libre échange et de manière plus spécifique par la libre circulation des capitaux au niveau mondial.

On peut se représenter le système financier mondial avec un centre, essentiellement constitué par les pays riches, et une périphérie comprenant les autres pays.

Pour se développer, ce système financier a besoin d’un transfert permanent de capitaux à la périphérie. Les moyens essentiels d’acheminement de ces capitaux sont constitués par les prêts extérieurs ou par les investissements des entreprises multinationales. Le système financier mondial a tout intérêt à multiplier le nombre de pays où il est possible d’investir, de consentir des prêts ou d’implanter des entreprises multinationales.

La fragilité de ce système se manifeste à deux niveaux :

- Au niveau périphérique, il suffit qu’un pays montre des signes de faiblesse ou qu'il suscite l’inquiétude pour que les pays voisins soient victimes, eux aussi, de manière quasi réflexe, de la fuite des capitaux. Cela est néfaste pour la périphérie et peut même s’avérer fatal pour l’économie de pays émergents. En outre, des apports insuffisants à la périphérie empêchent les pays de cette zone d’accéder à une culture économique et à un développement, ce qui les conduit à puiser toujours davantage dans leurs richesses naturelles.

- Au niveau central, l’excès brutal de capitaux, lié à l’onde de propagation de la crainte en périphérie, va très vite être à l’origine d’une « surchauffe » allant jusqu’à justifier le relèvement des taux d’escompte. Crainte d’autant plus facile à propager qu’il n’existe pas à la périphérie une véritable culture économique. Et si la détresse de la périphérie continue à s’intensifier, elle devient très vite dangereuse pour le centre, lequel sera tenté de ralentir ses importations pourtant nécessaires pour alimenter le flux inverse des capitaux.

La crise du système financier mondial serait alors accompagnée d’une crise du libre échange.

Sur le plan politique :

La mondialisation de l’économie laisse aux politiques de chaque pays peu de leviers pour pallier les conséquences qu’elle entraîne pour leurs concitoyens, favorisant l’hostilité à la fois envers la mondialisation et envers une classe politique jugée inapte. Or nous savons que lorsque les citoyens n’acceptent plus l’impuissance des politiques de leur pays, ils sont plus facilement tentés par les thèses de leaders extrémistes.

Sur le plan humain :

L’écart entre les plus aisés et les plus démunis est de plus en plus important, entraînant le risque de voir certains peuples baigner dans la misère ou d’en pousser d’autres dans la voie du terrorisme ou de la barbarie.

Sur le plan environnemental :

La Société a pris conscience de l’impact croissant des activités humaines sur l’environnement. Il est désormais urgent de faire émerger des pratiques économiques respectueuses de l’écosystème mondial et permettant un développement durable.

Par Philippe Rodet
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Dimanche 10 juin 2007

L'Europe ne se fera pas sans les citoyens. C'est une des convictions profondes de l'Elan. L'éloignement des institutions de Bruxelles handicape pourtant lourdement le sentiment d'appartenance à un même tout, et donc nuit à la participation citoyenne. De plus, l'absence de sentiment "national" européen et les puissants courants centrifuges minent l'Union Européenne, d'autant plus qu'avec 25 membres, il est difficile de se sentir appartenir à ce vaste et hétéroclite ensemble.

C'est probablement en partant de ce constat que l'UE a décidé de rééditer son livret « passeport jeunes L'Europe en poche ». Trouvable sur http://www.touteleurope.fr/,  il a pour objectif de donner aux jeunes européens (18-25 ans) des pistes pratiques pour se déplacer, étudier, voyager ou travailler dans un autre pays de l'Union européenne. Il donne également de nombreuses informations sur l'Union européenne : repères, schémas, chiffres clés, présentation des Institutions européennes et de leur fonctionnement, illustration des actions de l'Union européenne par des exemples concrets.

L'intérêt maintenant serait de le faire distribuer dans les écoles, dans les cours d'éducation civique!

Par Alban Gelé
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Dimanche 17 juin 2007

La construction d'une Europe solide passera par une fusion des moyens pour les grosses infrastructures. De la même manière que pour la défense européenne, la recherche scientifique européenne doit être coordonnée. C'est déjà le cas actuellement  grâce au programme-cadre pour la recherche et le développement (ainsi la France contribuera à hauteur de 50 millions d'euros au futur laser à électrons libres XFEL qui sera construit à Hambourg). Toutefois, cette concertation n'est pas systématique et l'on peine à faire cesser les jeux anciens de recherche d'influence et de sauvegarde des intérêts nationaux : il y a cinq lasers à électrons dans les rayons X mous en projet en Europe, alors qu'un seul suffirait.

Ces tractations imposent de définir clairement les priorités nationales, mais aussi européennes. On est en droit d'espérer que les autorités, françaises en particulier, sauront s'organiser pour éviter une dispersion des financements.

L'Europe se construit aussi comme cela, dans la planification et l'interdépendance.

 

Par Alban Gelé
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Dimanche 17 juin 2007

L'importance de la plaque géo-stratégique européenne en terme d'appréhension du monde (en particulier pour l'aspect culturel et économique) provient en grande partie de sa multiplicité, de sa culture de la complexité. Or, on constate de plus en plus un abandon manifeste et problématique de la complexité par l'Europe. L'un des points les plus saillants à ce propos est la question de la langue de travail des institutions communautaires. En effet, avec le passage à 27 pays, il y a désormais 23 langues officielles en Europe, ce qui conduit, pour des raisons de facilité, à n'user qu'une langue de travail, à savoir l'anglais. Or, une langue n'est pas seulement un support de communication, mais elle est également un fait social, structurant la pensée et portant en elle-même une représentation du monde. En éjectant la complexité linguistique par la petite porte, on prive l'Europe non seulement d'un trésor immense, on viole les traités fondateurs (cf. la multiplication de demandes de locuteurs de langue maternelle anglaise dans les annonces d'emplois de l'UE), mais surtout on prive l'Europe de l'un de ses principaux avantages en matière de compréhension du monde, c’est à dire justement la capacité à appréhender la complexité d'un monde multipolaire et multiculturel.

En conséquence, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer la défense de la diversité linguistique de l'Union.

Par Alban Gelé
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Mercredi 20 juin 2007

La valeur de l'Europe sur le plan économique, c'est sa capacité à imposer (ou à conserver) l'humain au centre des enjeux. Perdre de vue que ce sont les hommes qui produisent et consomment, et non des automates dépourvus de conscience ou d'âme, nous ferait basculer dans le monde terrifiant d'une jungle sans foi ni autre loi que le « laissez-passer, laissez-faire » que certains s'évertuent à continuer à prêcher.  On pourrait cependant se demander si, justement, cet état de fait n'était pas en train d'être consciencieusement mis à mal par ceux-là même qui seraient plutôt chargés de le défendre. Une nouvelle information prouve que lorsque l'on pose les mauvaises questions, on a les mauvaises réponses.

Ainsi, l'UE vient, par la voix de son commissaire au commerce, Peter Mandelson, de semoncer la Chine, afin qu'elle réduise son excédent commercial à notre égard (128 milliards d'euros en 2006, vraisemblablement 170Mds cette année). Il s'agirait donc pour la Chine de limiter ses exportations.  C'est prendre le problème à l'envers. Certes, pour qu'un circuit économique reste sain, il faut que l'argent circule dans les deux sens. Cela signifie qu'il faut que la Chine exporte moins vers l'Europe, ou l'inverse. Mais il ne s'agit aucunement de simplement réguler les échanges, il s'agit de les rendre équitables. En d'autres termes, il faut parvenir à faire admettre au système économique chinois ( et au delà, au monde) la valeur de l'humain, et en cela, les exigences éthiques (et leur coût) que cela impose.  La Chine possède apparemment une législation du travail très réglementée, mais rechigne à l'appliquer. On notera d'ailleurs que de nombreuses entreprises étatsuniennes ou européennes, afin d'éviter des scandales nuisibles à leur image, payent désormais des « auditeurs de conformité sociale», c'est à dire des enquêteurs privés, chargés de vérifier l'application du droit social dans les entreprises qu'ils sous-traitent en Chine. Le constat est que la plupart des entreprises chinoises n'appliquent pas le droit social, et que l'Etat, plus soucieux de faire décoller les investissements étrangers que d'appliquer sa propre législation, ferme scrupuleusement les yeux. Il suffirait de commencer par les ouvrir. L'augmentation subséquente du coût de la main d'oeuvre en Chine ralentira mécaniquement les exportations, mais surtout, et bien plus, cela permettra d'élever le niveau de vie de nombreux travailleurs pauvres, qui survivent dans des conditions effroyables dans des bidonvilles massés à la périphérie des grandes cités, souvent avec un statut juridique extrêmement fragile (migrants de l'intérieur, sans papiers).

Alors que l'Allemagne s'interroge sur la possibilité d'un salaire minimum (une loi existe actuellement uniquement pour le bâtiment, mais elle devrait être étendue à d'autres secteurs à bas salaire tels que la coiffure, le petit commerce, la gastronomie ou encore le traitement des déchets), il est quelque peu incongru et démoralisant de voir nos plus hauts représentants ne pas signaler, particulièrement à la Chine en pleine ascension désordonnée, les vertus d'une moralisation de l'économie.

Par Alban Gelé
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Jeudi 21 juin 2007

A quelques jours du Conseil européen, la phase finale des négociations sur l'avenir de la Constitution européenne a commencé.

La présidence allemande, c'est-à-dire la chancelière Angela Merkel, a beaucoup à faire pour parvenir à un accord. Certes, la proposition par le président français d'un «traité simplifié» a permis de relancer les négociations, mais la chancelière se heurte de front à deux oppositions franches. D'une part les polonais souhaitent revenir sur la règle du vote qualifié : selon le texte de la Constitution signé à Rome en octobre 2004, une décision à la majorité qualifiée doit recueillir le soutien de 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population. La Pologne souhaite que l'on opte pour le principe de la racine carrée (le poids du vote serait celui de la racine carrée de la population du pays). Les frères Kaczynski tiennent à modifier la règle qui a été adoptée pour éviter que les plus gros pays ne disposent d'un pouvoir trop important face aux autres, mais une telle distinction, extrêmement technique, échappe au commun des mortels, et au final, l'intérêt est essentiellement diplomatique et résiduel pour le grand public. En revanche, nous devons faire face à la fronde des pays anti-communautaires, avec en fer de lance, la Grande-Bretagne. Ces pays refusent une bonne partie du traité européen (rejeté par les français lors du référendum de 2005). De manière prévisible, ces libéraux, partisans d'une Europe purement économique, refusent  l'extension du vote à la majorité, la création d'un ministre des Affaires étrangères européen, la Charte des droits fondamentaux et surtout la personnalité juridique internationale de l'Union: autant de points irremplaçables et non négociables.

Plus encore, et plus fondamentalement, ils refusent les éléments symboliques. En effet le traité énumérait, à l'article 8, les symboles de l'Union : son drapeau (un cercle de 12 étoiles d'or sur fond bleu), son hymne (un extrait de l'Ode à la joie de la 9e Symphonie de Beethoven), sa devise ("unie dans la diversité"), sa monnaie (l'euro),sa fête annuelle (la journée du 9 mai). Ces éléments avaient été introduits afin de donner un visage à l'Europe, et de parvenir à conférer, par ces symboles, un sentiment d'appartenance à ces peuples différents que l'UE agrège. Et c'est bien cela que les ennemis d'une Europe politique refusent : ce sont là des signes bien trop proches de ceux d'un État, donc le risque d'un État supra-national en germe. Pourtant ces éléments symboliques sont éminemment nécessaires. La politique s'appuie largement sur les symboles; ils servent de vecteur, de signe de ralliement, de rituels, d'emblèmes, de mythes; en d'autres termes, ils créent du lien. Or, s'il est bien une politique dont les citoyens européens ne se sentent pas proche, c'est bien celle de Bruxelles.

La volonté de taire ces symboles est la preuve d'une volonté délibérée et puissante de détruire et tuer dans l'oeuf tout ce qui pourrait permettre à l'Europe de devenir une grande puissance, c'est-à-dire une véritable puissance politique. C'est un retour en arrière bien plus dangereux, néfaste et réel que le « non » du peuple français (lequel était d'ailleurs l'expression de la démocratie, les critiques qui l'ont accueillies laissent mesurer l'abîme qui sépare la population de ses édiles). Nous nous trouvons donc face à un défi immense, car la volonté de relancer la construction européenne, entachée depuis longtemps par une orientation bancal sur tout les plans (économique mais non sociale, alors que les deux sont indissociables; extension géographique sans approfondissement institutionnel et politique), risque fort de faire primer un accord a-minima destiné à donner l'impression que les choses avancent encore. Pourtant une telle méprise risquerait fort, bien au contraire, sceller la destinée de l'Europe comme puissance à venir d'un monde où elle pèse pourtant de moins en moins.

Réponse ce week-end.

Par Alban Gelé
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Vendredi 22 juin 2007
En partant du principe que ce conseil européen est mal engagé, certains décideurs publics ont décidé de relancer l'idée d'une « Europe à géométrie variable ». Ce concept, déjà appliqué pour l'Euro ou pour l'espace Shengen, vise à permettre à des États de s'entendre sur des points précis, que d'autres n'adopteraient pas dans un premier temps. Ce serait un palliatif plutôt qu'un véritable médicament, mais il permettrait peut-être de faire avancer les choses. Cependant, ce qui est possible pour une armée de métier européenne, l'est sans doute moins pour un ministre des affaires étrangères. C'est le président du conseil italien Romano Prodi qui a lancé l'idée en mai, au parlement européen : mieux vaut une avant-garde qu'un compromis en forme de compromission. Bien sûr, même Prodi est conscient que cette « Europe à deux vitesses » est comme la démocratie pour Churchill : une mauvaise solution, mais moins pire que les autres. Et Angela Merkel recherche, pour clore sa présidence européenne, un accord de principe global, regroupant les 27 pays de l'Union. Encire une fois, nous verrons ce week-end ce que l'avenir nous réserve, mais si nous voulons que l'Europe puisse peser sur l'avenir et imposer ses valeurs, il devient de plus en plus urgent d'être capable de nous exprimer d'une seule voix. Pour cela, il nous faudra certes un ministre européen des affaires étrangères, mais plus encore, il faudra parvenir à fonder enfin une Union forte, disposant d'institutions solides et reconnues et soutenue par une population consciente des enjeux politiques et qui lui soit attachée. L'Europe à deux vitesse est peut-être la voie.
Par Alban Gelé
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Mercredi 27 juin 2007

Finalement, les pays de l'UE sont parvenus à un accord qui leur permet de se remettre en marche, mais il s'agit plus d'un compromis en forme de compromission. Les frères Kaczynski ont obtenu la reconduite jusqu'en 2014 de la règle adoptée au traité de Nice : autant dire qu'il ne s'agit que de reculer pour essayer de sauter. Certes, Angela Merkel est parvenue à imposer un calendrier (ouverture de la conférence intergouvernementale au 23juillet prochain avec comme objectif l'entrée en vigueur du prochain traité en 2009). Mais l'exemple anglais montre à quel point l'on est loin de parvenir à construire une Europe puissance: Ce n'est pas l'Europe à deux vitesses qui vient d'être entérinée (car elle suppose une volonté positive), mais l'Europe des exceptions, à laquelle adhèrent de toute manière l'Angleterre depuis son entée dans l'Union. Tony Blair, sous la pression de sa majorité a exigé (et obtenu) de nouvelles dérogations, en particulier sur la charte des droits fondamentaux. Autant dire que l'on a là l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire pour construire un ensemble: chacun prend ce qui l'intéresse et refuse les devoirs qui accompagnent le cadeau. Cette démarche égoïste (qui caractérise en général les relations entre États) est bien loin de l'idéal de l'Europe tel que l'avait imaginée ses pères. C'est également un signal assez terne que l'on envoie au reste du monde: nos divisions ne sont pas comblées et il semblerait que l'Europe ne veuille, finalement, pas jouer dans la cour des grands et peser sur l'avenir.

 

 

Par Alban Gelé
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