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- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

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Mardi 17 juillet 2007

L'Europe a été de retour de ce week-end. Peut-être pas là où on l'attendait, mais elle fut toutefois présente.

Revenons cependant un instant sur l'accord obtenu il y a deux semaines sous la présidence d'Angela Merkel. Notre déception de voir le sacrifice de nombreux éléments essentiels nous a fait perdre de vue un point fondamental: l'Europe respire encore. Depuis les « non » hollandais et surtout français au traité constitutionnel, en 2002, il faut avouer qu'elle s'enfonçait dans un coma prolongé. Les Diafoirus se pressaient à son chevet sans parvenir à produire que de vaines spéculations et jouer les Cassandres (pas nécessairement à tort, cependant). Et voici que l'on est parvenu à se mettre d'accord pour se retrouver pour discuter plus tard (j'exagère, nous sommes tout de même parvenus à nous mettre d'accord sur les sujets qui seront abordés).Certes, pour réanimer la belle endormie (les anglophones emploient le verbe « ressusciter » dans ce type de cas), nous y avons perdu des symboles et même une jambe (le social). Mais, comme pourrait s'écrier un fictif mais célèbre docteur (qu'on me pardonne l'image) « elle vit! » (comme pour la créature dudit docteur, c'est à peine, mais tout de même, et cela tient un peu du miracle). Car cet accord, au delà de la bataille (très technique), de la Pologne, butait surtout sur l'euroscepticisme d'un certain nombre de pays, en premier lieu l'Angleterre. En lui sacrifiant divers éléments, on permet à Tony Blair (europhile déclaré) de partir la tête haute et de rendre à Gordon Brown (« europhobe »?) un dossier qui lui permet de sauver la face.

Cela ne veut pas dire que ces éléments vitaux (en particulier le social, pendant indispensable de l'économie) seront gagnés d'avance le jour où l'on y reviendra. Mac-Mahon aussi pensait ne faire qu'un intérim, le temps que les différentes factions royalistes s'entendent (ou que le comte de Chambord accepte le drapeau tricolore). Il n'en a pas moins été le premier président de la III° république. Ces éléments sont pour le moment en suspens, et il faudra bien que l'on avance enfin dans leur direction.

Pendant nos honnêtes vacances s'est déroulé un événement remarquable que peu ont salué à sa juste mesure. Oui, l'Europe était de retour ce week-end, c'était sur les Champs-Elysées, lors du défilé du 14 juillet. Oh, on en a parlé dans la presse, mais en quelques lignes vite fourbies. Par contre, j'ai pu apprendre, à mon corps défendant, le nombre de personnes massées au pied de la tour Eiffel, pour écouter le concert d'un artiste vieillissant tentant en France le retour de son exil californien.

Certes, ce n'est pas la première fois que des étrangers (hors légionnaires ou St-Cyriens) défilent au 14 juillet. De précédents présidents de la République avaient déjà fait défiler des soldats d'autres pays. Mais il s'agissait pour l'un de la brigade franco-allemande et pour l'autre de l'Eurocorps et de non de troupes d'armées nationales, comme ce fut le cas samedi ! Qui plus est, l'ensemble des pays de l'UE étaient présents à un titre ou un autre, le drapeau européen étant même porté par le représentant du Portugal (actuel président tournant).Bien sûr, on connaît le goût de l'actuel président de la République pour la communication. On a d'ailleurs beaucoup glosé sur son absence de discours, ce jour là. Mais tout de même. Faire défiler des éléments de corps armés étrangers et leurs drapeaux à un défilé national ! Il y a là une audace terrible. J'ignore si, sur le symbole de l'identité nationale, cela était pertinent ou non, mais après le sacrifice des symboles dans le traité simplifié, je pense que l'on peut dire qu'il y a là la volonté non feinte de marquer l'identité européenne de la France (qu'on se rappelle également le drapeau étoilé sur la photo officielle).

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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