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Citoyens pour un Monde Ethique

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1957: Signature du Traité de Rome

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1981 : l'Europe des dix

- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

1986 : l'Europe des douze

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2004 : l'Europe des vingt cinq

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2007 : L'Europe des vingt sept

- Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie

 

 

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Jeudi 21 juin 2007 4 21 06 2007 01:52

A quelques jours du Conseil européen, la phase finale des négociations sur l'avenir de la Constitution européenne a commencé.

La présidence allemande, c'est-à-dire la chancelière Angela Merkel, a beaucoup à faire pour parvenir à un accord. Certes, la proposition par le président français d'un «traité simplifié» a permis de relancer les négociations, mais la chancelière se heurte de front à deux oppositions franches. D'une part les polonais souhaitent revenir sur la règle du vote qualifié : selon le texte de la Constitution signé à Rome en octobre 2004, une décision à la majorité qualifiée doit recueillir le soutien de 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population. La Pologne souhaite que l'on opte pour le principe de la racine carrée (le poids du vote serait celui de la racine carrée de la population du pays). Les frères Kaczynski tiennent à modifier la règle qui a été adoptée pour éviter que les plus gros pays ne disposent d'un pouvoir trop important face aux autres, mais une telle distinction, extrêmement technique, échappe au commun des mortels, et au final, l'intérêt est essentiellement diplomatique et résiduel pour le grand public. En revanche, nous devons faire face à la fronde des pays anti-communautaires, avec en fer de lance, la Grande-Bretagne. Ces pays refusent une bonne partie du traité européen (rejeté par les français lors du référendum de 2005). De manière prévisible, ces libéraux, partisans d'une Europe purement économique, refusent  l'extension du vote à la majorité, la création d'un ministre des Affaires étrangères européen, la Charte des droits fondamentaux et surtout la personnalité juridique internationale de l'Union: autant de points irremplaçables et non négociables.

Plus encore, et plus fondamentalement, ils refusent les éléments symboliques. En effet le traité énumérait, à l'article 8, les symboles de l'Union : son drapeau (un cercle de 12 étoiles d'or sur fond bleu), son hymne (un extrait de l'Ode à la joie de la 9e Symphonie de Beethoven), sa devise ("unie dans la diversité"), sa monnaie (l'euro),sa fête annuelle (la journée du 9 mai). Ces éléments avaient été introduits afin de donner un visage à l'Europe, et de parvenir à conférer, par ces symboles, un sentiment d'appartenance à ces peuples différents que l'UE agrège. Et c'est bien cela que les ennemis d'une Europe politique refusent : ce sont là des signes bien trop proches de ceux d'un État, donc le risque d'un État supra-national en germe. Pourtant ces éléments symboliques sont éminemment nécessaires. La politique s'appuie largement sur les symboles; ils servent de vecteur, de signe de ralliement, de rituels, d'emblèmes, de mythes; en d'autres termes, ils créent du lien. Or, s'il est bien une politique dont les citoyens européens ne se sentent pas proche, c'est bien celle de Bruxelles.

La volonté de taire ces symboles est la preuve d'une volonté délibérée et puissante de détruire et tuer dans l'oeuf tout ce qui pourrait permettre à l'Europe de devenir une grande puissance, c'est-à-dire une véritable puissance politique. C'est un retour en arrière bien plus dangereux, néfaste et réel que le « non » du peuple français (lequel était d'ailleurs l'expression de la démocratie, les critiques qui l'ont accueillies laissent mesurer l'abîme qui sépare la population de ses édiles). Nous nous trouvons donc face à un défi immense, car la volonté de relancer la construction européenne, entachée depuis longtemps par une orientation bancal sur tout les plans (économique mais non sociale, alors que les deux sont indissociables; extension géographique sans approfondissement institutionnel et politique), risque fort de faire primer un accord a-minima destiné à donner l'impression que les choses avancent encore. Pourtant une telle méprise risquerait fort, bien au contraire, sceller la destinée de l'Europe comme puissance à venir d'un monde où elle pèse pourtant de moins en moins.

Réponse ce week-end.

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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