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L'Elan Nouveau des Citoyens

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Un arbre pour la Grèce

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Stress

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Citoyens pour un Monde Ethique

Histoire récente

1951 : l'Europe des six

- Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas

1957: Signature du Traité de Rome

1973 : l'Europe des neuf

- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

1981 : l'Europe des dix

- Allemagne, Belgique, Danemark, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Royaume-Uni

1986 : l'Europe des douze

- Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni

1995 : l'Europe des quinze

- Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Suéde

2004 : l'Europe des vingt cinq

- Allemagne, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie^

2007 : L'Europe des vingt sept

- Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Royaume-Uni, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Tchéquie

 

 

Samedi 1 novembre 2008

    
Un Appel intitulé « Au secours, les gens vont mal » vient d’être lancé sur Facebook. Un groupe de plus de 250 personnes étant d’ores et déjà constitué, nous avons décidé d’y consacrer un blog spécifique.
Nous vous remercions de bien vouloir aller lui rendre visite, le signer et le relayer auprès de vos amis.

Par Raphael Anton - Publié dans : Nouvelle récente
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Samedi 21 juin 2008

Soit on considère que le récent vote irlandais contre le Traité de Lisbonne est un épiphénomène, soit on pense qu’il s’agit d’une carence globale du sentiment d’appartenance à l’Europe de nombreux citoyens européens et il peut être intéressant de voir comment y remédier.

A l’échelle d’un pays, la cohésion vient du fait qu’il existe entre ses habitants un subtil dosage entre fraternité et solidarité. S’il y a des catastrophes dans une région, la solidarité nationale joue pour aider le secteur en difficulté. Si, localement, il y a des personnes en détresse, la fraternité intervient. Ces deux valeurs cultivent la cohésion nationale.

A l’échelle européenne, nombre de concitoyens ont besoin de sentir ces notions de solidarité et de fraternité se développer.

La solidarité existe et on l’a vu, par exemple, lors des incendies dans des pays du sud de l’Europe où d’autres pays interviennent.

La fraternité européenne apparaît en revanche moins présente, peut-être parce que le besoin est moins bien perçu en raison de l’échelle ou en raison de son intensité plus faible par rapport à d’autres pays distants. Et cependant, c’est le développement de la fraternité qui renforcera le sentiment de cohésion entre les Citoyens.

L’opération « Les Citoyens de l’Europe » peut être regardée comme la simple expression de fraternité de cinq étudiants… Mais, dans le contexte actuel, il peut aussi s’agir d’une action symbolique : l’amorce de l’expression concrète de la fraternité européenne.

« Les Citoyens de L’Europe »… Il s’agit d’étudiants qui on décidé d’étendre à d’autres pays d’Europe, l’action lancée en France par « L’Elan Nouveau des Citoyens » et dénommée « Un arbre pour la Grèce », en reliant, à vélo, Lille à Olympie.

Cette opération rassemble. Elle a pu voir le jour grâce à des synergies entre le monde de l’entreprise, universitaire et associatif… Elle a pu s’avérer efficace grâce à une mobilisation forte de la Grèce notamment au travers de ses Représentations.

Cette opération peut être le point de départ en Europe d’une force fraternelle. Et de la réussite de celle-ci pourrait naître un fort sentiment d’appartenance à l’Europe.

Cette opération née d’un travail en commun de la Grèce et de la France peut être hautement symbolique. La notion de citoyenneté est née en Grèce, la Fraternité est une valeur chère à la France.

Cette opération entre en résonance avec la déclaration de Robert Schuman, le 9 mai 1950 : « L’Europe ne se fera pas d’un coup ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d’abord une solidarité de fait ».


Par Philippe Rodet - Publié dans : Nouvelle récente
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Vendredi 21 septembre 2007

Les pays européens se sont construits depuis 200 ans sur le modèle de la Révolution Française, à savoir sur celui d'un État-nation.

Cette construction est évidemment un trompe-l'oeil, puisque la France d'alors était un agrégat disparate de diverses nations : picarde, flamande, bretonne, basque, alsacienne, poitevine, angevine...puis niçoise ou savoyarde. Il n'y avait pas plus d'unité dans cela que dans l'Italie ou l'Allemagne d'alors, si ce n'est une certaine zone culturelle et linguistique, et encore, bien faible parfois. On pensait que ce modèle de l'État-nation permettrait de mettre en place des États centralisés et puissants. Malheureusement, on s'aperçoit maintenant que les lignes de fractures anciennes n'ont pu être soudées que par la force (qu'elle soit symbolique ou non).

En effet, pour construire la France que l'on connaît, nos dirigeants d'alors ont décidé de faire table-rase du passé, taillant dans la masse pour faire surgir une entité mythique. C'est par leur hostilité souvent féroce aux exigences locales, par la dislocation des anciennes provinces en divers départements, voire diverses régions à la cohérence souvent discutable, par la lutte contre les particularismes et langues locaux, que s'est construite la France.

Or, dans un environnement démocratique, il est désormais presque impossible de perpétuer cette violence. L'ensemble des États européens sont donc aujourd'hui assaillis d'exigences locales centrifuges, là où la conscience d'une différence culturelle a subsisté.

En Grande-Bretagne, cette demande s'est vue récompensée en 1997, par la « dévolution » de Tony Blair. L'Écosse, en particulier, dispose même maintenant d'un parlement et d'un Premier Ministre. En Espagne, les «communautés autonomes» ne sont liées au pouvoir central que par des liens très lâches. En Allemagne, les Länder disposent d'une large autonomie, mais limitée à certains domaines, quoique la Saxe, la Thuringe, et surtout la Bavière, disposent du titre de Freistaat, avec des compétences élargies. En Italie, la ligue du Nord milite pour une autonomie de la Lombardie vis-à-vis des zones plus pauvres du sud.

On méconnaît en France le statut exact, pourtant très large, accordé à la Corse (laquelle dispose tout de même d'un parlement, et a failli se voir reconnaître l'existence d'un «peuple corse»!), mais il est difficile de ne pas savoir qu'il y existe toujours un mouvement indépendantiste. La récente loi sur la Nouvelle-Calédonie (fermant le droit de participer aux élections locales aux citoyens français non néo-calédoniens, mais présents sur l'île) est venue s'ajouter au référendum d'auto-détermination par lequel les kanakes ont coupé bien des liens avec la Métropole. On sait également que le terrorisme Basque a longtemps trouvé en France une base arrière pour ses attentats en Espagne, tandis que la Bretagne faisait sporadiquement parler d'elle à l'occasion d'un attentat meurtrier dans un restaurant de restauration rapide.

Tous ces mouvements ont une même origine : il s'agit d'une volonté de populations disposant souvent d'une culture affirmée, ayant résisté à l'acculturation par les États-nations dont elles faisaient partie, et souhaitant disposer d'une plus grande autonomie, voire d'une indépendance. En d'autres termes, face à un ensemble perçu comme différent, ces régions souhaitent s'affirmer comme nation. C'est-à-dire faire ce que l'on a autorisé à toutes les entités du bloc soviétique (et dont certains sont désormais d'ailleurs membres de l'Union), aux pays d'Afrique et d'Asie, et aux différentes régions de l'ex-Yougoslavie.

On notera pour ce dernier point, l'attitude coupable des gouvernants occidentaux, qui appuient la demande d'indépendance du Kosovo.

Ce mouvement de retour à la culture maternelle peut être ramené aux recherches généalogiques, retour aux racines, voire fondamentalisme religieux : il s'agit d'une construction de l'identité.

Or cette identité, parce qu'elle se construit «en contre», se réduit souvent au plus petit dénominateur commun. Il y a là un risque fort de balkanisation pour une Union Européenne dont les élargissements perpétuels ont créé une entité sans consistance culturelle réelle, favorisant par ricochet les mouvements séparatistes/autonomistes/régionalistes.

Il serait de bon aloi que nos politiques finissent par se saisir de cette problématique, et renforce enfin les symboles d'appartenance des citoyens de l'Union.

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Dimanche 9 septembre 2007

L'une des priorités pour l'Europe est de parvenir à réaffirmer sa légitimité auprès de peuples dont elle s'est significativement éloignée. Alors que l'UE pouvait encore, il y a 20 ans, être perçue comme un facteur de mieux-être, l'existence d'un courant ouvertement et sans remord hostile à cette formidable aventure qu'est l'Europe démontre que les esprits ont radicalement changé.

Parmi les différents reproches qu'on lui adresse, Bruxelles est ainsi vue comme une véritable machine à gaspiller du papier, accumulant règlements et directives tous azimuts, scrupuleuse et tatillonne.

Ce point pourrait paraître dérisoire, mais en réalité il n'en est rien. Il est su depuis longtemps que la clarté du droit est déterminant pour son acceptation et donc son application (on lutte d'ailleurs toujours en France pour parvenir à éclaircir le maquis de certains domaines juridiques).

 

Or, l'UE est effectivement connue pour avoir « légiféré »sur la taille des concombres ou des bananes. Pour information, la commission Européenne estime qu'elle a produit, depuis sa création, 97 000 pages au Journal Officiel ! D'un strict point de vue juridique, l'exemple est en soi édifiant, mais il faut aussi prendre en compte l'aspect économique : les entreprises passent un temps proportionnel à tâcher de connaitre les règles applicables à leur domaine d'activité, sans même parler de les comprendre, le travail de la Commission étant en effet célèbre pour l'inintelligibilité de son jargon.

C'est en partant de ce constat que la Commission Barroso a lancé en 2005 l'initiative « Mieux légiférer » : sur la période 2005-2008, elle propose d'annuler, de reformuler ou de modifier les textes européens et les textes nationaux les appliquant, afin de favoriser la croissance. En réalité cette initiative est assez ancienne, puisqu'elle trouve ses origines au sommet européen d'Edimbourg (1992), mais si elle a été réaffirmée à chaque sommet suivant, il a fallu attendre Romano Prodi (2002) pour que l'on mette en place un plan d'action, dont cet aspect a enfin été mis en place en octobre 2005.

 

Les députés européens devaient examiner début septembre les avancées réalisées en la matière.

L'objectif, affiché l'an dernier, était de réduire de 25%les charges administratives imposées aux entreprises européennes d'ici 2012 ! La Commission estime que le PIB européen pourrait alors gagner 1,5%.

Le but est ambitieux. Pour y parvenir, la Commission entend utiliser plusieurs moyens : simplification et codification (rassemblement d'actes similaires en une loi unique) des règles existantes; examen de l'impact (coût/bénéfice) des nouvelles propositions (y compris l'impact de l'absence de règle), mais également retrait de propositions législatives.

C'est, à mon avis, à ce stade que le bât blesse. Il est indéniable que l'abondance de la législation européenne, son amoncellement en dépit du bon sens, la complexité de leur lecture, les défauts de leur application dans les droits nationaux, tout cela contribue certainement à une certaine apathie de la part des créateurs ou repreneur d'entreprise, écoeurés par les bâtons que l'on leur glisse dans les jambes. Mais il faut aussi reconnaître que la légitimité du droit à séparer le légitime de l'illégitime. La loi rend libre disaient les anciens Athéniens. Le modèle européen est fondé sur cette conviction que le droit doit prendre la défense du faible et égaliser les chances. Au niveau économique, cela conduit à condamner la plus importante entreprise informatique du monde pour monopole, tout comme cela protège le consommateur des abus de fournisseurs d'accès internet ou de téléphonie mobile.

Or, le fait qu'il existe une législation sous-entend le fait qu'elle était nécessaire car il existait des comportements que l'on souhaitait voir disparaître. Le fait que l'initiative « mieux légiférer » vise à supprimer des réglementations dans des secteurs très régulés comme les déchets ou la construction démontre assez le danger. Les entreprises seront, certes plus libres d'agir, mais également plus libres de mal agir, dans des domaines touchant souvent à la santé publique ou à l'environnement.

Plus encore, comme l'ont fait remarquer déjà certains, les études d'impact sont diligentées auprès d'experts, lesquels ne sont par définition nullement objectifs. Or, il est aisé de démontrer un coût trop important pour des politiques environnementales un tant soit peu ambitieuses.

Au final, cette démarche de « simplification » devra être observée de très près par le citoyen, pour ne pas laisse raboutir à une désarticulation de notre droit et donc de notre liberté.

 

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Jeudi 30 août 2007

On a pu noter avec sympathie la franchise de la visite que la chancelière allemande Angela Merkel a rendu au président chinois Hu Jintao et au premier ministre Wen Jiabao. Alors que la plupart des dirigeants de pays occidentaux, de passage dans l'Empire du milieu, s'empressent, quoi qu'ils en disent, de taire les questions de respects des droits fondamentaux et d'environnement pour se concentrer sur les aspects économiques, Mme Merkel a eu l'intelligence de poser ces problématiques comme essentielles, et semble (pour ce que les rapports laissent supposer) en avoir parlé de façon« franche et ouverte ». Il s'agit clairement d'une nouvelle orientation dans les rapports avec la Chine. Sans doute le dragon chinois, de plus en plus prépondérant dans les relations internationales, commence-t-il à faire significativement de l'ombre à l'économie allemande, au point qu'il devienne nécessaire d'exiger un rééquilibrage des accords commerciaux. On peut certes analyser ce rafraîchissement diplomatique comme résultant de cette volonté, mais également comme une réelle conscience de l'obligation de ramener la Chine à un meilleur respect de l'éthique.

Il faut désormais espérer que cette inclinaison du principal pays Européen entraîne à sa suite les autres membres de l'Union, pour lesquels les deux raisons citées ci-dessus sont également valables. Plus encore, il est du devoir moral de l'Europe d'exporter ses valeurs humanistes et écologiques. Il en va pour ce qui est de l'environnement de la survie de la planète à moyen terme, et de la stabilité des échanges économiques à court terme. On pourrait objecter de la bonne santé de l'économie européenne. La Chine est certes l'un des principaux partenaires commerciaux de l'Union, mais il n'y a pas de concurrence pure et parfaite sans un respect commun de règles identiques. Si l'on n'opère pas un rééquilibrage des relations commerciales, l'Europe, déjà submergée risque de se voir engloutir dans l'offensive chinoise qui ne s'embarrasse ni de . Un refroidissement diplomatique n'est finalement qu'un moindre mal. Si les autres pays industrialisés insistaient sur ces points auprès du gouvernement chinois, nous parviendrons peut-être par faire évoluer significativement son modèle de développement vers un système plus respectueux des hommes et de l'environnement.

 

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Mardi 17 juillet 2007

L'Europe a été de retour de ce week-end. Peut-être pas là où on l'attendait, mais elle fut toutefois présente.

Revenons cependant un instant sur l'accord obtenu il y a deux semaines sous la présidence d'Angela Merkel. Notre déception de voir le sacrifice de nombreux éléments essentiels nous a fait perdre de vue un point fondamental: l'Europe respire encore. Depuis les « non » hollandais et surtout français au traité constitutionnel, en 2002, il faut avouer qu'elle s'enfonçait dans un coma prolongé. Les Diafoirus se pressaient à son chevet sans parvenir à produire que de vaines spéculations et jouer les Cassandres (pas nécessairement à tort, cependant). Et voici que l'on est parvenu à se mettre d'accord pour se retrouver pour discuter plus tard (j'exagère, nous sommes tout de même parvenus à nous mettre d'accord sur les sujets qui seront abordés).Certes, pour réanimer la belle endormie (les anglophones emploient le verbe « ressusciter » dans ce type de cas), nous y avons perdu des symboles et même une jambe (le social). Mais, comme pourrait s'écrier un fictif mais célèbre docteur (qu'on me pardonne l'image) « elle vit! » (comme pour la créature dudit docteur, c'est à peine, mais tout de même, et cela tient un peu du miracle). Car cet accord, au delà de la bataille (très technique), de la Pologne, butait surtout sur l'euroscepticisme d'un certain nombre de pays, en premier lieu l'Angleterre. En lui sacrifiant divers éléments, on permet à Tony Blair (europhile déclaré) de partir la tête haute et de rendre à Gordon Brown (« europhobe »?) un dossier qui lui permet de sauver la face.

Cela ne veut pas dire que ces éléments vitaux (en particulier le social, pendant indispensable de l'économie) seront gagnés d'avance le jour où l'on y reviendra. Mac-Mahon aussi pensait ne faire qu'un intérim, le temps que les différentes factions royalistes s'entendent (ou que le comte de Chambord accepte le drapeau tricolore). Il n'en a pas moins été le premier président de la III° république. Ces éléments sont pour le moment en suspens, et il faudra bien que l'on avance enfin dans leur direction.

Pendant nos honnêtes vacances s'est déroulé un événement remarquable que peu ont salué à sa juste mesure. Oui, l'Europe était de retour ce week-end, c'était sur les Champs-Elysées, lors du défilé du 14 juillet. Oh, on en a parlé dans la presse, mais en quelques lignes vite fourbies. Par contre, j'ai pu apprendre, à mon corps défendant, le nombre de personnes massées au pied de la tour Eiffel, pour écouter le concert d'un artiste vieillissant tentant en France le retour de son exil californien.

Certes, ce n'est pas la première fois que des étrangers (hors légionnaires ou St-Cyriens) défilent au 14 juillet. De précédents présidents de la République avaient déjà fait défiler des soldats d'autres pays. Mais il s'agissait pour l'un de la brigade franco-allemande et pour l'autre de l'Eurocorps et de non de troupes d'armées nationales, comme ce fut le cas samedi ! Qui plus est, l'ensemble des pays de l'UE étaient présents à un titre ou un autre, le drapeau européen étant même porté par le représentant du Portugal (actuel président tournant).Bien sûr, on connaît le goût de l'actuel président de la République pour la communication. On a d'ailleurs beaucoup glosé sur son absence de discours, ce jour là. Mais tout de même. Faire défiler des éléments de corps armés étrangers et leurs drapeaux à un défilé national ! Il y a là une audace terrible. J'ignore si, sur le symbole de l'identité nationale, cela était pertinent ou non, mais après le sacrifice des symboles dans le traité simplifié, je pense que l'on peut dire qu'il y a là la volonté non feinte de marquer l'identité européenne de la France (qu'on se rappelle également le drapeau étoilé sur la photo officielle).

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Samedi 30 juin 2007

Exposé des principaux points de l'accord sur le contenu du futur traité qui remplacera la Constitution européenne et doit entrer en vigueur en juillet 2009 :

Le nouveau traité, comme les traités d'Amsterdam (1996) ou de Nice (2000), se contente d'amender les deux traités constitutifs (Rome en 1957 et Maastricht en 1992), quand le projet de constitution devait remplacer tous les traités pré-existant par un texte unique.

Pour satisfaire l'intransigeance anti-européenne de l'Angleterre, le traité passera sous silence les symboles de l'Union, même s'ils subsisteront. Pire, et de façon prévisible, la Charte des droits fondamentaux (54 articles sur les droits politiques et sociaux des Européens) ne figure pas dans le traité. Point positif, un article y fera référence en maintenant son caractère juridiquement contraignant (lequel ne vaut pas lourd, puisque Londres a montré l'exemple en obtenant une dérogation).

Dans le même ordre d'idée, il n'y aura pas de ministre unique des affaires étrangères, mais un « Haut représentant de l'UE pour la politique étrangère et la sécurité », également vice-président de la Commission européenne, et chargé de « coordonner » l'action extérieure de l'UE. Nous ne sommes pas prêts à parler d'une même voix.

Le traité reprend le système de votes de la Constitution :une décision est adoptée si elle obtient le soutien de 55% des Etats membres représentant 65% de la population de l'Union. Cependant, ce système n'entrera en vigueur qu'en2014, et, nouvelle entorse au principe, jusqu'en 2017 un État membre pourra demander à ce que s'applique le système de l'ancien traité de Nice.

L'un des rares points positifs de ce traité est l'extension des domaines où la décision se fera à la majorité qualifiée: une quarantaine de domaines supplémentaires, en particulier la coopération judiciaire et policière. Malheureusement, à nouveau, quoique de manière tout simplement incompréhensible, les anglais et les irlandais ont requis (et obtenu!) de pouvoir n'appliquer les décisions prises dans ces domaines que s'ils sont intéressés! De plus, l'unanimité demeure la règle pour la politique étrangère, la fiscalité, la politique sociale, les ressources de l'UE ou la révision des traités.

Autre point positif, sauvé du naufrage, l'instauration d'un président du Conseil Européen élu pour deux ans et demi (ce qui reste très peu), en lieu et place de la rotation trop rapide par semestre. Son pouvoir reste cependant faible, puisqu'il est simplement chargé de préparer et animer les sommets. Le traité entérine également la réduction du nombre de commissaires à deux tiers du nombre d'États membres, par rotation, (actuellement chaque État a un commissaire), mais à partir de 2014 seulement.

On peut enfin signaler diverses autres concessions : les Pays-Bas ont obtenu le renforcement des parlements nationaux (ils pourront demander à la commission européenne de réexaminer une proposition si elle empiète sur les compétences nationales, et en cas de refus, peuvent demander aux États de la bloquer); ils ont également obtenu une référence sur les critères d'entrée; les Lituaniens et Polonais ont obtenu la référence à la solidarité énergétique (en cas de problème d'approvisionnement, référence à leur situation face au pétrole et au gaz russes); enfin la France a fait modifier la définition du marché intérieur pour retirer la mention sur la «concurrence libre», qui avait été critiquée lors du référendum.

Comme souvent, il y a là un inventaire à la Prévert où chacun essaye d'obtenir ce qu'il veut, au prix d'un manque de lisibilité et de cohérence. Au final, souvent, c'est le traité qui est perdant; autrement dit, l'Europe. On peut enfin regretter que les citoyens européens n'aient pas plus été sollicités. La prochaine fois peut-être?

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Mercredi 27 juin 2007

Finalement, les pays de l'UE sont parvenus à un accord qui leur permet de se remettre en marche, mais il s'agit plus d'un compromis en forme de compromission. Les frères Kaczynski ont obtenu la reconduite jusqu'en 2014 de la règle adoptée au traité de Nice : autant dire qu'il ne s'agit que de reculer pour essayer de sauter. Certes, Angela Merkel est parvenue à imposer un calendrier (ouverture de la conférence intergouvernementale au 23juillet prochain avec comme objectif l'entrée en vigueur du prochain traité en 2009). Mais l'exemple anglais montre à quel point l'on est loin de parvenir à construire une Europe puissance: Ce n'est pas l'Europe à deux vitesses qui vient d'être entérinée (car elle suppose une volonté positive), mais l'Europe des exceptions, à laquelle adhèrent de toute manière l'Angleterre depuis son entée dans l'Union. Tony Blair, sous la pression de sa majorité a exigé (et obtenu) de nouvelles dérogations, en particulier sur la charte des droits fondamentaux. Autant dire que l'on a là l'exemple parfait de ce qu'il ne faut pas faire pour construire un ensemble: chacun prend ce qui l'intéresse et refuse les devoirs qui accompagnent le cadeau. Cette démarche égoïste (qui caractérise en général les relations entre États) est bien loin de l'idéal de l'Europe tel que l'avait imaginée ses pères. C'est également un signal assez terne que l'on envoie au reste du monde: nos divisions ne sont pas comblées et il semblerait que l'Europe ne veuille, finalement, pas jouer dans la cour des grands et peser sur l'avenir.

 

 

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Vendredi 22 juin 2007
En partant du principe que ce conseil européen est mal engagé, certains décideurs publics ont décidé de relancer l'idée d'une « Europe à géométrie variable ». Ce concept, déjà appliqué pour l'Euro ou pour l'espace Shengen, vise à permettre à des États de s'entendre sur des points précis, que d'autres n'adopteraient pas dans un premier temps. Ce serait un palliatif plutôt qu'un véritable médicament, mais il permettrait peut-être de faire avancer les choses. Cependant, ce qui est possible pour une armée de métier européenne, l'est sans doute moins pour un ministre des affaires étrangères. C'est le président du conseil italien Romano Prodi qui a lancé l'idée en mai, au parlement européen : mieux vaut une avant-garde qu'un compromis en forme de compromission. Bien sûr, même Prodi est conscient que cette « Europe à deux vitesses » est comme la démocratie pour Churchill : une mauvaise solution, mais moins pire que les autres. Et Angela Merkel recherche, pour clore sa présidence européenne, un accord de principe global, regroupant les 27 pays de l'Union. Encire une fois, nous verrons ce week-end ce que l'avenir nous réserve, mais si nous voulons que l'Europe puisse peser sur l'avenir et imposer ses valeurs, il devient de plus en plus urgent d'être capable de nous exprimer d'une seule voix. Pour cela, il nous faudra certes un ministre européen des affaires étrangères, mais plus encore, il faudra parvenir à fonder enfin une Union forte, disposant d'institutions solides et reconnues et soutenue par une population consciente des enjeux politiques et qui lui soit attachée. L'Europe à deux vitesse est peut-être la voie.
Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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Jeudi 21 juin 2007

A quelques jours du Conseil européen, la phase finale des négociations sur l'avenir de la Constitution européenne a commencé.

La présidence allemande, c'est-à-dire la chancelière Angela Merkel, a beaucoup à faire pour parvenir à un accord. Certes, la proposition par le président français d'un «traité simplifié» a permis de relancer les négociations, mais la chancelière se heurte de front à deux oppositions franches. D'une part les polonais souhaitent revenir sur la règle du vote qualifié : selon le texte de la Constitution signé à Rome en octobre 2004, une décision à la majorité qualifiée doit recueillir le soutien de 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population. La Pologne souhaite que l'on opte pour le principe de la racine carrée (le poids du vote serait celui de la racine carrée de la population du pays). Les frères Kaczynski tiennent à modifier la règle qui a été adoptée pour éviter que les plus gros pays ne disposent d'un pouvoir trop important face aux autres, mais une telle distinction, extrêmement technique, échappe au commun des mortels, et au final, l'intérêt est essentiellement diplomatique et résiduel pour le grand public. En revanche, nous devons faire face à la fronde des pays anti-communautaires, avec en fer de lance, la Grande-Bretagne. Ces pays refusent une bonne partie du traité européen (rejeté par les français lors du référendum de 2005). De manière prévisible, ces libéraux, partisans d'une Europe purement économique, refusent  l'extension du vote à la majorité, la création d'un ministre des Affaires étrangères européen, la Charte des droits fondamentaux et surtout la personnalité juridique internationale de l'Union: autant de points irremplaçables et non négociables.

Plus encore, et plus fondamentalement, ils refusent les éléments symboliques. En effet le traité énumérait, à l'article 8, les symboles de l'Union : son drapeau (un cercle de 12 étoiles d'or sur fond bleu), son hymne (un extrait de l'Ode à la joie de la 9e Symphonie de Beethoven), sa devise ("unie dans la diversité"), sa monnaie (l'euro),sa fête annuelle (la journée du 9 mai). Ces éléments avaient été introduits afin de donner un visage à l'Europe, et de parvenir à conférer, par ces symboles, un sentiment d'appartenance à ces peuples différents que l'UE agrège. Et c'est bien cela que les ennemis d'une Europe politique refusent : ce sont là des signes bien trop proches de ceux d'un État, donc le risque d'un État supra-national en germe. Pourtant ces éléments symboliques sont éminemment nécessaires. La politique s'appuie largement sur les symboles; ils servent de vecteur, de signe de ralliement, de rituels, d'emblèmes, de mythes; en d'autres termes, ils créent du lien. Or, s'il est bien une politique dont les citoyens européens ne se sentent pas proche, c'est bien celle de Bruxelles.

La volonté de taire ces symboles est la preuve d'une volonté délibérée et puissante de détruire et tuer dans l'oeuf tout ce qui pourrait permettre à l'Europe de devenir une grande puissance, c'est-à-dire une véritable puissance politique. C'est un retour en arrière bien plus dangereux, néfaste et réel que le « non » du peuple français (lequel était d'ailleurs l'expression de la démocratie, les critiques qui l'ont accueillies laissent mesurer l'abîme qui sépare la population de ses édiles). Nous nous trouvons donc face à un défi immense, car la volonté de relancer la construction européenne, entachée depuis longtemps par une orientation bancal sur tout les plans (économique mais non sociale, alors que les deux sont indissociables; extension géographique sans approfondissement institutionnel et politique), risque fort de faire primer un accord a-minima destiné à donner l'impression que les choses avancent encore. Pourtant une telle méprise risquerait fort, bien au contraire, sceller la destinée de l'Europe comme puissance à venir d'un monde où elle pèse pourtant de moins en moins.

Réponse ce week-end.

Par Alban Gelé - Publié dans : europe
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